Le développement de la Papauté: De la Contre-réforme à nos jours

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Richard Bennett

S’appuyant surtout sur les Jésuites, l’Eglise catholique romaine riposte à la foi biblique des réformateurs par la Contre-réforme.  Ignace de Loyola fonde “la Compagnie de Jésus” dès 1530; dix ans plus tard, le Pape Paul II accorde aux Jésuites une reconnaissance officielle.  Inflexibles dans leur militantisme, ils sont à la pointe du mouvement qui s’efforce de rendre à Rome sa suprématie d’avant la Réforme.  Ignace de Loyola exige en tout premier lieu une obéissance inconditionnelle à l’Eglise catholique.  Il commence par inculquer la maîtrise de soi et la discipline.  Dans son ouvrage principal, les “Exercices Spirituels”, il enseigne le reniement total de soi et l’union mystique avec Dieu.  Ignace de Loyola est convaincu que ce reniement de soi, assorti d’expériences mystiques, rendra ses adeptes parfaitement obéissants à l’Eglise catholique romaine.

Vers 1750, la “Compagnie de Jésus” compte déjà des milliers de membres dans le monde entier.  Les Jésuites ont alors pour mission d’extirper les effets de la Réforme dans toute l’Europe.  Il en est d’ailleurs de même aujourd’hui.  Au cours des siècles postérieurs à la Réforme, ils sont l’outil numéro un de la papauté pour influencer la culture occidentale.  Ils exercent une forte influence sur les monarques catholiques de l’Europe.  Siècle après siècle, ils constituent les instruments principaux de la Contre-réforme, exaltant l’autorité papale, restaurant le système sacramentel et le mysticisme avec son cortège de superstitions dans les divers pays touchés par les principes bibliques de la Réforme.  Dans cette brève étude sur la période qui suit la Réforme, il ne sera pas possible d’examiner en détail tous les modes d’action des Jésuites, mais il faut savoir que leur influence constitue le principal courant sous-jacent dans les domaines de la politique, de l’éducation, de la science, et du mysticisme dans le monde. Depuis la Réforme, les réalisations de la Rome papale sont en bonne partie attribuables aux plans et aux stratégies des Jésuites.

Les antécédents de la Contre-réforme 

Evoquons brièvement la montée de la Papauté.  La chute de l’Empire romain ouvre la voie au “Saint Empire Romain”.  En 313, Constantin impose la religion chrétienne à tout l’Empire Romain.  On assiste alors à une redéfinition du terme “chrétien”: ce mot s’applique désormais à tous les sujets de l’autorité impériale romaine.  Auparavant, il ne désignait que  ceux qui avaient entendu l’Evangile et reçu le salut par la pure grâce de Dieu.  Maintenant il veut simplement dire qu’on habite un certain territoire géographique.  C’est l’Empereur Justinien 1er  (527-565) qui contribue le plus à établir la suprématie de l’Evêque de Rome.  Il le fait officiellement et légalement, en subordonnant les édits et les règlements ecclésiastiques aux lois civiles.  Cette mesure entre en vigueur en 538.

A mesure que l’Empire romain décline, les évêques de Rome gagnent en ascendant et en puissance.  Ce processus est encore loin d’être complet même au neuvième siècle.  Sous les pontificats de Grégoire VII (également nommé Hildebrand – 1073-1085) puis d’Innocent III (1198-1216) et de Boniface VIII, la Papauté impose son autorité civile aux rois et aux princes.  Si elle arrive à faire croire que son autorité morale et spirituelle vient de Dieu et non des hommes, elle pourra sans peine affirmer que toute autorité civile doit obligatoirement se soumettre au Pape.  C’est là l’enjeu d’une lutte qui s’engage dès le Haut Moyen Age.  Six siècles d’Inquisition montrent à quel point cette prétendue autorité spirituelle des papes a piétiné les sujets du “Saint Empire Romain”.  Cette usurpation est le fait de la seule papauté, mais les pouvoirs civils deviennent ses instruments.  L’Inquisition s’impose par la force, de manière on ne peut plus brutale et barbare, se livrant au vol, à la torture, et au meurtre.

La restauration de l’Evangile et de l’autorité suprême de la Bible seule, si clairement proclamés par Martin Luther et par bien d’autres, met fin à l’asservissement de ceux qui comptaient jusqu’alors pour leur salut sur les sacrements du système papal.  Par l’autorité de la Bible seule, des hommes comprennent que le salut s’obtient par la grâce seule, par la foi seule, en Christ seul, afin que toute gloire revienne à Dieu seul.  Par leur vie et aussi par leur mort, ils prennent position pour l’autorité de la Bible et pour l’Evangile de Jésus-Christ. Ils dénoncent  efficacement le mensonge de l’Inquisition quant à la prétendue supériorité de l’autorité papale sur les autorités civiles.  L’Eglise romaine perd alors une foule d’adeptes.  Partout en Angleterre et en Europe, on accepte la Bible et le message de l’Evangile, au grand dam de l’appareil romain, de sa main de fer et de son organisation si complexe.

Restructurée en profondeur, la papauté affronte le monde moderne

En 1798, la papauté semble blessée à mort (1).  Un général de l’armée napoléonienne  envahit le Vatican et fait descendre de son trône le Pape Pie VI.  La destruction du Saint Empire romain proprement dit est totale; la papauté est dépouillée du peu de puissance temporelle qui lui restait.  Mais l’institution papale, née du démantèlement de l’Empire romain antique,  survit à la destruction du Saint Empire romain.  Fermement attachée au souvenir de sa gloire et de sa puissance d’autrefois, la papauté n’a rien perdu de sa fermeté, de son zèle, ni de son ambition de gouverner le monde.  Les faits suivants le prouvent.

Un des pontificats les plus longs est celui de Pie IX (1846-1878).  A cette époque on assiste à une montée du nationalisme en Europe. Témoin de la création de la République Italienne en 1849, le Pape Pie IX ne possède alors ni territoire ni pouvoirs civils.  Il n’en cherche pas moins à rendre à la papauté sa puissance et sa gloire d’antan.  La promulgation du dogme de l’Infaillibilité papale va jouer un rôle important dans sa stratégie.  Malgré l’absurdité de la notion d’infaillibilité, et quoique l’histoire atteste de ce que certains papes ont été hérétiques, le Concile de Vatican I promulgue en 1870 le dogme élevant l’infaillibilité pontificale au rang d’article de foi (2). Des historiens catholiques comme Dollinger et Bernhardt Hasler avaient clairement démontré que l’infaillibilité était étrangère non seulement à la Bible, mais encore à la tradition de l’Eglise romaine.  Elle n’en est pas moins proclamée.  Cette doctrine augmente considérablement le pouvoir centralisateur du Pontife; et par la suite Pie X, successeur de Pie IX, ira encore plus loin dans ce sens.

Sous le pontificat de Pie X, la papauté consolide aussi ses bases en restructurant les lois catholiques romaines dans le Code de Droit canonique de 1917 (3).  A propos de l’impact de ce nouveau Code sur le catholicisme, l’historien catholique John Cornwell écrit:

“Le fait de créer un code, et non une simple compilation, ou une collection des lois et des canons en vigueur, fait toute la différence.  La création d’un code rend les lois plus abstraites.  On obtient ainsi des lois et des formules succinctes qui perdent tout rapport avec les situations historiques ou sociales qui les avaient suscitées au départ… [Le Pape] Pie X, cet anti-moderniste, a pris avec le Code de Droit canonique une mesure de modernisation, pour instaurer la conformité, la centralisation, la discipline.  Ce code devait être appliqué de façon universelle, sans aménagements ni mesures d’indulgence eu égard aux situations locales.  Il structurait l’autorité, établissait les règles et les pénalités.  Il transformait les pouvoirs du pape, l’idée même que le pape pouvait avoir de son rôle, et de ce qu’était un Catholique.  Grâce à l’imprimerie et aux moyens de diffusion  modernes, il a été remis à tous les prêtres catholiques du monde, et il a franchi toutes les barrières culturelles.  Devenu intemporel et universel, il pérennise une conception nouvelle, encore inédite, de l’autorité papale suprême” (4).

Les objectifs de la papauté n’ont pas changé: établir un gouvernement spirituel et civil de droit divin. Mais désormais la papauté transforme habilement son infrastructure surannée en une machine bien huilée, une hiérarchie absolutiste avec le pape à son sommet.  La doctrine de l’infaillibilité papale et le nouveau Code de Droit canonique contribuent grandement à cet objectif.

L’Eglise catholique romaine devient un état moderne

En 1929 Mussolini signe avec le Pape Pie XI les Accords du Latran, concédant officiellement à la papauté le Vaticanus Mons, la colline du Vatican.  La blessure mortelle infligée à la papauté est alors guérie: le Vatican redevient un état souverain indépendant.  Cet accord légal avec Mussolini n’est que le premier d’une longue série de concordats, dont le plus infamant allait être l’accord passé entre Pie XII et Adolf Hitler (5).  La papauté a donc affermi ses bases internes au moyen du Code de Droit Canonique de 1917, et ses bases externes au moyen de concordats avec diverses nations.  Ainsi le Vatican exerce ses pouvoirs par un double canal: d’une part, ses propres citoyens constituent une “cinquième colonne” au sein des nations souveraines du monde entier, et d’autre part, il conclut des accords civils avec ces mêmes nations.  Privés de l’autorité suprême de la Bible, à titre individuel les Catholiques craignent pour leur salut, si bien que leur loyauté première est envers “la Sainte Mère, l’Eglise”.  Cela fait d’eux des pions dociles dans la main de la papauté, qui s’assure ainsi des avantages politiques et une domination dans les affaires civiles de toutes les nations.  Le Mouvement d’Oxford en Angleterre au dix-neuvième siècle est un exemple de ce pouvoir.

Le Mouvement d’Oxford, cette offensive feutrée contre l’Eglise anglicane

Au dix-neuvième siècle en Angleterre et en Irlande, la foi protestante réformée, après avoir tenu ferme pendant plusieurs siècles, capitule devant ses ennemis jurés, les Jésuites.   Après “l’Acte d’Emancipation” de 1829, les Jésuites peuvent revenir en Angleterre.  Suite à leur retour, le “Mouvement d’Oxford” est lancé en 1833.  John Henry Newman en est le chef de file le plus célèbre.  Newman lui-même affirme que son dessein principal est d’œuvrer au sein de l’anglicanisme afin de rendre ce dernier impossible à distinguer du catholicisme romain: telle est la tâche que l’Eglise catholique lui a assignée (6).  Il rédige de nombreux traités dans lesquels il gauchit l’histoire aussi bien que le Ecritures; il affirme que le protestantisme a injustement accusé la papauté d’être l’Antichrist.  De ses interprétations tendancieuses des Ecritures naissent de forts courants en faveur du mouvement ritualiste anglican et du catholicisme romain.  Plus tard, Newman passe au catholicisme romain et  quitte l’Eglise anglicane.

Cependant grâce à ses efforts, un groupe dit “anglo-catholique” s’implante solidement dans l’Eglise d’Angleterre.  Ce groupe compte deux membres bien connus: Westcott et Hort,   des anglicans ritualistes qui croient au salut par les sacrements.  Ils sont l’un et l’autre hostiles à la prééminence de la “Version Autorisée” de la Bible et du texte grec dont elle était tirée.  Ils préfèrent certains textes grecs faussés, à leur avis plus anciens.  Cela les conduit à rejeter 95% des manuscrits existants (le texte dit “majoritaire” dont la Bible anglaise de 1611 est tirée).  En 1881, ils lancent la “Version Révisée” de cette Bible.  Cette nouvelle version est si manifestement influencée par la philosophie d’Alexandrie qu’on dit de Hort qu’il a tout bonnement remplacé l’ancienne version par le “Codex Vaticanus” catholique romain. Cette “révision” est à l’origine de nouvelles versions de la Bible qui auront des conséquences désastreuses sur les chrétiens en particulier, et sur les lecteurs en général.

Par une foule de menus pas imperceptibles, on ramène donc les lecteurs de la Parole vers l’asservissement à la Rome papale sans que personne ne se doute de rien.  Les Jésuites ont toujours voulu ramener les chrétiens bibliques, surtout, sous le joug catholique à leur insu.  Le retour de l’ordre jésuite en Angleterre est justement l’un de ces pas destinés à ramener ce royaume souverain dans le bercail catholique.  Un autre pas est d’enrôler au service des Jésuites John Henry Newman alors qu’il est encore membre de l’Eglise anglicane.  La “Version Révisée” de la Bible par Westcott et Hort est une mesure de plus, d’une rare efficacité,  favorisant l’ascension du catholicisme d’abord au sein de l’Eglise d’Angleterre, et plus tard, dans le courant fondamentaliste américain.

Le futurisme ouvre la voie à l’acceptation de la Rome papale

Au dix-neuvième siècle, les ambitions papales s’accomplissent auprès des chrétiens bibliques sur un autre front.  L’œuvre du Jésuite Manuel Lacunza prospère et se répand grâce aux “Frères de Plymouth”.  Ce groupe de “Frères” naît à Dublin en Irlande en 1827.  John Nelson Darby, l’un de ses fondateurs, participe à des rencontres ayant pour thème la prophétie biblique, dans la région de Dublin.  L’un des sujets est l’Antichrist, “l’homme de péché” et le sens des 1260 jours précédant l’apparition de ce dernier.  Avec beaucoup de zèle, les frères publient des traités prédisant les événements à venir.  Le futurisme, que les Jésuites de la Contre-réforme avaient lancé deux siècles plus tôt, commence à se développer et à s’enraciner.  En fait ce sont John Henry Newman et John Nelson Darby qui ont introduit dans le milieu évangélique la doctrine futuriste des Jésuites, du Cardinal Bellarmin, de Francisco Ribera, et de Manuel Lacunza (7).  Le postulat jésuite est que pour l’essentiel, l’Apocalypse parle des trois années et demie précédant immédiatement le retour du Christ Jésus.  Newman et Darby et leurs disciples respectifs acceptent cet enseignement.  L’interprétation historiciste des Ecritures, selon laquelle la fonction papale est la manifestation de l’Antichrist, tombe en désuétude, car les Frères et tous les chrétiens qui subissent l’influence de la Bible de Scofield sont séduits par les doctrines futuristes.

La Bible Scofield, parue en 1909 puis révisée en 1917, fait beaucoup, elle aussi, pour promouvoir le futurisme. De ses notes sur l’Apocalypse, surtout, beaucoup de fondamentalistes tirent divers tableaux chronologiques futuristes.  Scofield voit dans le temps de l’Eglise une simple parenthèse.  Plus tard ces présupposés futuristes seront popularisés par des auteurs comme Hal Lindsey.  Ainsi le futurisme de Scofield, en s’affranchissant des faits historiques, et le Mouvement d’Oxford, en écartant le sûr fondement du texte biblique majoritaire, mettent sérieusement à mal l’interprétation historiciste des Ecritures.

Cet enseignement futuriste, qui, ne l’oublions pas, émane des Jésuites, dissimule efficacement la présence de l’Antichrist dans le monde.  Au fil des décennies suivantes, de nombreux chrétiens (qui ne sont pas d’origine catholique) voient le catholicisme d’un oeil plus favorable, car ils ignorent l’identité véritable de la papauté et le rôle qu’elle a joué dans l’histoire.  Ils ne comprennent pas non plus l’importance du rôle des Réformateurs là où ces derniers ont courageusement pris position pour l’autorité de la Bible seule, déclarant que l’homme est justifié par la foi seule, en Christ seul, toute gloire revenant à Dieu seul.  S’ils  avaient compris l’importance de cet enjeu, ils auraient accordé un grand prix au sacrifice des millions de martyrs authentiquement chrétiens qui sont restés inébranlables et ont refusé de plier le genou devant l’Inquisition romaine.  La papauté a encore sur les mains le sang de ces chrétiens.  Pourtant, six ans après la signature en 1994 du document “Evangéliques et Catholiques Ensemble – la Mission chrétienne pour le Troisième Millénaire”, annonçant que les Catholiques et les Protestants doivent oublier leurs différences et collaborer au cours du nouveau millénaire, le Pape Jean-Paul II aborde la question de l’Inquisition.  Lors d’une messe le 12 mars 2000, il demande pardon pour les torts commis dans le passé par des membres de l’Eglise.  Pour la papauté elle-même, il n’accepte aucune responsabilité: Jean-Paul II rend les Catholiques ordinaires responsables de six siècles d’Inquisition, alors qu’en fait c’est incontestablement la papauté elle-même qui est à blâmer.  Il y a même des auteurs catholiques qui sont de cet avis.  Par exemple, à propos du pape Sixte IV et de l’Inquisition en Espagne, Lord Acton posait la question: “le Pape n’est-il pas responsable de la Constitution par laquelle il a mis en place ce nouveau tribunal?” (8)  L’écrivain catholique Peter de Rosa fait remarquer dans son ouvrage Vicars of Christ: The Dark Side of the Papacy  (Les vicaires de Christ: la face ténébreuse de la Papauté, 1988): “Sur quatre-vingts Papes qui se sont succédés sans interruption à partir du treizième siècle, pas un seul n’a désapprouvé la théologie et les pratiques de l’Inquisition.  Loin de là: les uns après les autres, ils ont ajouté de cruels perfectionnements à cette machine de mort” (9).  Néanmoins en 2000, quand le Pape Jean-Paul II fait la cour aux Evangéliques de notre temps pour les attirer dans le camp romain, il rendu les “Catholiques ordinaires” responsables d’avoir torturé à mort les chrétiens bibliques pendant six siècles sous le régime de l’Inquisition papale.

Des guerres, des intrigues, et des cruautés à l’époque moderne

Au vingtième siècle, Rome ne revendique pas d’autorité sur les membres des gouvernements civils, mais voici une liste non exhaustive des dictateurs catholiques avec lesquels le Vatican contracte des alliances:  en Italie, avec Benito Mussolini de 1922 à 1943; en Allemagne, avec Adolf Hitler de 1933 à 1945; en Espagne, avec Francisco Franco de 1936 à 1975; au Portugal, avec Antonio Salazar de 1932 à 1968; en Autriche, avec Engelbert Dollfuss et Kurt von Schuschnigg de 1932 à 1934; en Argentine, avec Juan Peron de 1946 à 1955.  Le plus brutal et le plus sanguinaire de tous ces dictateurs est sans doute Anton Pavelic en Croatie, de 1941 à 1945.

La papauté et l’Allemagne hitlérienne

Adolf Hitler reçoit le baptême catholique dès son plus jeune âge en Autriche. Il communie et sert comme enfant de chœur.  Jusqu’au jour de son suicide, il reste catholique.  Ses transactions avec l’Eglise romaine montrent jusqu’où le Vatican veut bien aller avec un dictateur puissant.  Cette alliance entre la papauté et l’Allemagne hitlérienne n’est pas sans conséquences pour l’Allemagne et pour le Vatican.  Elle enracine plus profondément le catholicisme en Allemagne, et permet de promouvoir les objectifs du mouvement nazi.

La source et la forteresse du mouvement nazi allemand est la Bavière, dans le sud, dans l’Allemagne catholique, l’Allemagne du nord étant plutôt protestante.  Des foules de catholiques allemands adhèrent au parti nazi et soutiennent avec zèle le régime hitlérien.  Plus de la moitié des troupes hitlériennes sont catholiques.  A l’apogée de son pouvoir en 1942, Hitler est à la tête de la population catholique la plus importante du monde (10).  Habitués à se soumettre à un gouvernement autoritaire dans le domaine religieux, ces Catholiques soutiennent avec un enthousiasme aveugle ce gouvernement civil non moins autoritaire.  Bien entendu, les laïcs catholiques ne font que suivre l’exemple et le discours de leurs conducteurs religieux.  Pie XI fait publiquement l’éloge d’Hitler avant même d’avoir officiellement reconnu le régime hitlérien.  Il est le premier chef d’état à reconnaître le gouvernement hitlérien en 1933.

Le Vatican a maintes fois refusé aux historiens l’accès à ses archives concernant ses relations avec l’Allemagne nazie et avec d’autres nations.  Cependant, en-dehors du Vatican il existe des archives prouvant que la papauté a encouragé et soutenu les régimes hitlériens  et mussoliniens, et qu’au cours de la Deuxième Guerre Mondiale elle a établi son propre état totalitaire en Croatie.  Anton Pavelic est le chef de cette nouvelle nation croate arrachée à la Yougoslavie.  Pendant les quatre années du règne de Pavelic, lui et l’archevêque catholique romain Aloïs Stepinac sont les instigateurs d’une politique du type “convertissez-vous ou mourez” parmi une population croate comptant 900.000 âmes – des Orthodoxes grecs, des Juifs, et d’autres encore.  Il y a 200.000 conversions; les 700.000 qui choisissent la mort sont  torturés, brûlés, enterrés vivants ou fusillés, après avoir été contraints de creuser leurs propres tombes.  Ces persécutions atroces perpétrées par les Oustachis sont parmi les pires horreurs de la Deuxième Guerre Mondiale.  Avec une cruauté sans nom, ils infligent des mutilations épouvantables.

L’Eglise catholique ne compte pas alors sur le “bras séculier” pour exécuter les victimes de cette guerre.  Elle s’y emploie elle-même, avec plus d’audace et moins de précautions que jamais.  Armés de hachettes et de poignards, maniant les armes à feu et organisant des massacres, dans le cadre des frontières du pays les prêtres catholiques eux-mêmes se livrent à une inquisition rappelant les pires jours de la Grande Inquisition.  De nombreux officiers Oustachis sont des prêtres ou des moines qui ont juré de se battre “par le fer ou par le feu” pour “faire triompher le Christ et la Croatie”.  Les prêtres sont en première ligne pour fermer ou pour confisquer les églises orthodoxes, pour s’emparer des archives des paroisses, et pour interroger le clergé orthodoxe.  Ils administrent aussi des camps de concentration et font torturer de nombreuses victimes.

Les Croisades et les 605 années d’Inquisition ont pris fin.  Pour le moment, même les alliances entre le Vatican et les dictateurs catholiques, ces auteurs d’oppressions brutales, ont cessé.  Mais les pouvoirs extraordinaires et omniprésents de la papauté demeurent, et lui permettent d’influencer et de contrôler les gouvernements, la vie sociale, économique et politique, et le destin des peuples.

L’exercice du pouvoir par les concordats

A l’heure actuelle, la papauté ne possède plus la puissance militaire qui lui permettait jadis d’imposer ses volontés,  mais ses lois montrent à l’évidence qu’elle n’a nullement renoncé à exercer un contrôle souverain sur les esprits et sur les corps des êtres humains.  Il lui est donc indispensable, si elle veut retrouver la possibilité d’exercer des coercitions, de commencer par imposer des lois rigoureuses au sein du système catholique lui-même.  De plus, elle doit exercer une astreinte sur les autorités civiles de manière à les asservir à nouveau aux buts de la catholicité.  L’Eglise papale étant également une puissance temporelle appelée “Le Saint Siège”, elle est en mesure de s’assurer des avantages au moyen de ces accords diplomatiques que sont les concordats.  Un concordat est un contrat établissant un lien légal entre une nation souveraine quelconque et le Saint-Siège.  Il garantit à l’Eglise catholique le doit d’exercer librement sa religion et son culte, le droit de définir les doctrines, de mettre en place un système d’éducation  catholique romain, de négocier des lois au sujet de la propriété, de nommer les évêques, et d’exiger le respect des lois catholiques au sujet du mariage et de l’annulation du mariage.  Au cours du vingtième siècle, quelques-uns des principaux concordats ont été établis avec la Lettonie (1922), la Bavière (1924), la Pologne (1925), la Roumanie (1927), la Lituanie (1927), l’Italie (1929), la Prusse (1929), le Baden (1932), l’Autriche (1933), l’Allemagne (1933), et la Yougoslavie (1935).  Ces concordats protègent tous les intérêts catholiques, par exemple les écoles, les hôpitaux, et les diverses institutions, même dans les cas où ils sont financés par l’état.  Dans toutes les nations que nous venons de nommer, les institutions non catholiques ont fait l’objet de discriminations et de harcèlements.

L’exercice du pouvoir par le faux œcuménisme

Lors du Concile de Vatican II (1962-1965), l’Eglise catholique manifeste publiquement un revirement dans sa tactique.  Auparavant, sa position était celle de la séparation d’avec les autres religions: désormais son nouveau programme est un faux œcuménisme, non seulement avec les autres religions du monde, mais, chose significative, plus particulièrement avec les chrétiens bibliques.  Ceux qui jusque-là avaient été qualifiés d’hérétiques sont désormais appelés “frères séparés”; d’autre part, la papauté déclare que les religions païennes comme l’Islam, le Bouddhisme et l’Hindouisme sont des chemins valides pour accéder à Dieu (11).   L’Eglise romaine adopte cette nouvelle politique dans le but de se concilier le monde de diverses manières.  Son moyen principal est le dialogue.  En 1970, le Document Post-Conciliaire N° 42 sur l’œcuménisme en énonce méthodiquement les règles.  On doit influencer très progressivement les églises évangéliques et bibliques au moyen de ce dialogue, dont l’Eglise catholique précise clairement le but: “le dialogue n’est pas une fin en soi…   le dialogue œcuménique ne se limite pas au plan théorique et purement conceptuel” (12).  Non, “le but du dialogue œcuménique est de transformer les modes de pensée, les comportements, et la vie quotidienne de ces communautés [non catholiques].  Il prépare ainsi la voie vers leur unité dans la foi au sein de l’Eglise une et visible.  Par cette voie, peu à peu, après avoir surmonté les obstacles empêchant la parfaite communion ecclésiale, se trouveront rassemblés par une célébration eucharistique unique, dans l’unité d’une seule et unique Eglise, tous les chrétiens. Cette unité, le Christ l’a accordée à son Eglise dès le commencement.  Nous croyons qu’elle subsiste de façon inamissible [ne pouvant être perdue] dans l’Eglise catholique…” (13).

En acceptant ce dialogue avec l’Eglise catholique, le mouvement de l’Eglise Emergente, par exemple, est devenu un chemin vers la Rome papale.  Ce mouvement s’introduit dans les milieux évangéliques modernes aux Etats-Unis avec des effets désastreux;  il en est de même en France et en Irlande.  Pour l’essentiel, l’Eglise Emergente rejette l’autorité de la Bible et renie l’Evangile, si bien que ses adhérents se retrouvent entre les griffes de la Rome mystique et papale.  Ce mouvement exerce constamment une séduction fatale en proposant, dans son arrogance, un chemin d’accès direct à Dieu, éliminant la nécessité de la médiation unique du Seigneur Jésus-Christ, seul Médiateur entre Dieu et l’homme.  Pour les occidentaux, le catholicisme romain avec son sacramentalisme et son salut par les œuvres devient alors une étape qui s’impose logiquement dans cette démarche-là.

L’exercice du pouvoir par une révision du Code de Droit canonique

Jean-Paul II fait faire un pas de plus à la papauté en consolidant les pouvoirs dictatoriaux que lui conféraient le Code de Droit canonique de 1917 et l’infaillibilité papale promulguée par le Concile de Vatican I.  Il s’y prend en publiant en 1983 une version révisée du Droit canonique, qui durcit encore plus les lois catholiques romaines.  Ce Code contient par exemple le décret suivant: “L’Eglise a le droit inné et propre de contraindre par des sanctions pénales les fidèles délinquants” (Canon 1311).  On y a aussi ajouté une loi indiquant que des punitions particulières peuvent être infligées: ” la loi peut établir d’autres peines expiatoires, qui privent le fidèle d’un bien spirituel ou temporel, et qui soient conformes à la fin surnaturelle de l’Eglise” (14).   De telles mesures rendent le Droit Canonique encore plus conservateur qu’auparavant.  Le Pape Jean-Paul II prend également soin de nommer de nouveaux cardinaux et de nouveaux évêques qui s’alignent sur cette vision centralisatrice.

L’exercice du pouvoir par la politique économique d la Rome papale

Le pape Jean-Paul II est déterminé à étendre l’influence papale dans le monde au moyen des lois ecclésiales et de la politique romaine de “la justice sociale”.  Outre l’association désastreuse de la papauté avec les dictateurs au cours de la première partie du vingtième siècle, bien des révolutions et des soulèvements de par le monde ont pour origine l’enseignement catholique romain sur “la justice sociale”.  Le Vatican  réaffirme le point de vue séculaire de la papauté sur la propriété privée: il y voit un droit naturel, mais non un droit biblique inaliénable.  La pensée romaine sur la propriété privée des terres et des biens, c’est qu’il s’agit seulement de possessions temporelles, et que tous les biens ayant en fait une destination universelle, ils doivent appartenir à tous les hommes.  Du point de vue romain, les biens des nations riches, ou des citoyens qui ont réussi économiquement ne sont pas des biens légitimes auxquels ils ont moralement droit.  Considérant l’écart considérable entre les nations riches et les nations pauvres, le Concile de Vatican II a cautionné Thomas d’Aquin, le plus influent de tous les théologiens catholiques.  Ce dernier justifie du point de vue philosophique la redistribution irresponsable des biens par détournement,  ou par la puissance de l’état, ou encore par le vol.  Le Concile s’exprime officiellement comme suit:

“Quelles que soient les formes de la propriété, adaptées aux légitimes institutions des peuples, selon des circonstances diverses et changeantes, on doit toujours tenir compte de cette destination universelle des biens. C’est pourquoi l’homme, dans l’usage qu’il en fait, ne doit jamais tenir les choses qu’il possède légitimement comme n’appartenant qu’à lui, mais les regarder aussi comme communes: en ce sens qu’elles puissent profiter non seulement à lui, mais aussi aux autres. D’ailleurs, tous les hommes ont le droit d’avoir une part suffisante de biens pour eux-mêmes et leur famille.  C’est ce qu’ont pensé les Pères et les docteurs de l’Eglise qui enseignaient que l’on est tenu d’aider les pauvres, et pas seulement au moyen de son superflu.  Quant à celui qui se trouve dans l’extrême nécessité, il a le droit de se procurer l’indispensable à partir des richesses d’autrui” (15).

C’est tout simplement une justification philosophique du vol.  C’est la philosophie de Robin des Bois: dérober aux riches pour nourrir les pauvres, et elle émane de la pensée de Thomas d’Aquin, qui déclare: “Devant un besoin de cette nature, il est permis à un homme de prendre secrètement le bien d’autrui afin de porter secours à son prochain dans le besoin” (16).

Cet enseignement du Concile de Vatican II est mis en pratique en Amérique latine sous l’appellation “théologie de la libération”.  Cette théologie-là est à la racine de nombreuses révolutions dans de nombreuses nations d’Amérique du Sud. Même ceux qui persistent à mettre en œuvre cette utopie en arrivent à admettre que la “théologie de la libération” est un échec. La ferveur révolutionnaire des années 1970 et 1980 n’a nullement aboli l’épouvantable misère au Nicaragua, aux Honduras, à El Salvador, au Guatemala et au Costa Rica.  Bien au contraire, dans le domaine socio-économique elle constitue un sérieux frein pour ces nations-là et pour d’autres.

L’enseignement social catholique, principal moyen de l’évangélisation papale

Il convient de montrer également quelle est la politique générale de l’Eglise catholique vis-à-vis du monde occidental.   La Conférence Episcopale Catholique pour l’Angleterre et le Pays de Galles déclare publiquement que son but, en matière “d’évangélisation” est d’apporter au monde moderne l’enseignement social de l’Eglise catholique.  Voici ses termes exacts:

“Dans la rencontre avec le monde moderne, l’enseignement social de l’Eglise est une composante obligatoire de l’évangélisation dans notre contact avec les gens dans divers contextes sociaux, politiques, et économiques.  Cela doit être notre priorité dans la formation des laïcs.  Cette “préférence accordée aux pauvres”, cette marche avec les pauvres dans nos missions doit être une priorité particulière (17).

Cette déclaration fait ressortir la méthodologie de la politique romaine.  Accorder la priorité à “la formation des laïcs” (c’est-à-dire aligner la pensée des laïcs sur les diktats de la papauté) c’est gagner le peuple, et surtout les pauvres, à la foi romaine, ou alors c’est les ancrer dans cette même foi; c’est endoctriner complètement ce peuple avec l’idée que les biens doivent être également répartis entre tous, à commencer par lui.  C’est là ce que l’Eglise romaine appelle “une préférence accordée aux pauvres”, une “marche avec les pauvres dans nos missions.”  Les “évangéliser” ainsi, c’est essentiellement les flatter dans leur chair; et pour ceux qui sont déjà esclaves du système romain, c’est vouloir remédier à leurs craintes profondes au moyen d’un mensonge.

La richissime Eglise catholique romaine se fait passer pour l’avocate et la championne des pauvres auprès des individus et des gouvernements, pour les aider à conquérir l’égalité sur le plan matériel.  Elle leur dit que cette égalité est l’un des six droits accordés par Dieu aux hommes. La lettre des évêques des USA, “Justice for All” (Justice pour tous) en fait l’énumération: “Selon l’enseignement catholique, les droits de l’homme ne comprennent pas seulement les droits civiques et les droits politiques, mais encore les droits économiques… ‘Tous ont droit à la vie, à la nourriture, au logement, au repos, aux soins médicaux, à l’éducation, et à un emploi'” (18).  Le paragraphe 24 du même document explique le fondement du message de l’évangélisation catholique: “La conversion est un processus qui dure toute la vie. On ne se convertit pas tout seul: on se convertit avec le soutien de toute la communauté des croyants, par le baptême, par la prière en commun, par nos efforts quotidiens, grands ou petits, pour établir la justice.”

Ainsi on enseigne à tous les Catholiques que les bonnes œuvres sont nécessaires au salut, et qu’à titre individuel, les Catholiques qui donnent aux pauvres et les secourent amassent des mérites en vue de leur propre salut.  Cette “évangélisation” papale enseigne que l’égalité sur le plan matériel est un droit d’origine divine.  En tant qu’institution, la papauté combat les gouvernements et les individus afin de défendre ce droit.  Cette doctrine sociale matérialiste engendre une fausse espérance et asservit les laïcs catholiques pauvres.  En même temps, la papauté forme la pensée de son laïcat, en lui enseignant un faux évangile demandant que l’on travaille pour gagner son salut.  Par une doctrine sociale matérialiste et par ce faux évangile, la papauté rend doublement esclaves ces mêmes Catholiques qui s’efforcent de mériter le salut par leurs bonnes œuvres.

Ce que ce système offre d’une main, il le retire de l’autre. En effet, s’il est privé de l’Evangile véritable, l’homme reste en proie à la culpabilité et il en est parfaitement conscient.  Cela permet à l’Eglise catholique de lui enseigner qu’il doit payer pour faire dire des messes en faveur de ses bien-aimés défunts, et qu’il doit aussi passer son temps à accomplir des bonnes œuvres (stériles) pour obtenir son propre salut.  Vraisemblablement, les siens paieront également pour faire dire des messes pour lui après son décès, car une des activités les plus lucratives du système catholique est la célébration des messes pour les morts.  Celui qui est pris dans un tel système est réduit à l’esclavage et privé d’espérance véritable, tant sur le plan spirituel que sur le plan temporel: en effet on lui a appris qu’en dehors de l’Eglise catholique il n’y a point de salut.  Qu’il soit riche ou miséreux, le Catholique paiera pour faire dire des messes pour les morts.  C’est l’enseignement officiel de l’Eglise catholique: “Dès les premiers temps, l’Eglise a honoré la mémoire des défunts et offert des suffrages en leur faveur, en particulier le sacrifice eucharistique, afin que, purifiés, ils parviennent à la vision béatifique de Dieu” (19).  Telle est la situation désespérée de ceux qui ont fait l’objet de “l’évangélisation” catholique.

Mais ceux qui auront de l’intelligence comprendront(20)

Il nous faut maintenant considérer le but de cet article, faire le point en toute probité sur notre propre situation, et regarder à la lumière de la Bible notre époque et notre vécu. D’une façon générale, dans les milieux cultivés et érudits, nous constatons une ignorance profonde et délibérée quant à l’histoire véritable de la papauté, à l’influence néfaste de cette dernière sur le développement des nations, et au rôle qu’elle a joué dans de nombreuses guerres au cours de ces 1500 dernières années.  Bien peu d’auteurs et d’historiens de renom ont consenti à sacrifier leurs chances de voir leurs œuvres diffusées, et à saper leur propre carrière professorale en rappelant au public la dure réalité des violences papales tout au long de l’histoire.  A quelques rares exceptions près, par exemple avec les ouvrages d’Avro Manhattan (20) on a pratiquement personne ne note, ne communique, ni ne reproduit les résultats des recherches dans ce domaine particulier.  D’autre part, ce n’est pas fortuitement que des ouvrages anciens, qui critiquent Rome, ont disparu des archives universitaires et des catalogues des bibliothèques publiques.  Si on se penche sur cette question, on découvre souvent que des prêtres Jésuites, des laïcs catholiques politiquement influents, et des groupes comme l’Opus Dei sont à l’origine de ces disparitions.  Il n’y a pas à s’en étonner.  Si nous portons sur notre temps un regard biblique, nous voyons qu’il en est ainsi parce que “le monde entier est au pouvoir du Malin” (1 Jean 5:19) et que “les méchants feront le mal et aucun des méchants ne comprendra” (Daniel 12:10).  Il nous faut témoigner du caractère volontaire de cette méchanceté, de l’origine satanique de sa puissance, de ses moyens, et de ses méthodes (21).

L’Ecriture Sainte commande clairement à tout chrétien, y compris aux pasteurs et aux enseignants, de s’abstenir avec soin de toute communion “avec les œuvres stériles des ténèbres” (Ephésiens 5:11).  Pourtant de nombreux leaders créent ouvertement des liens avec le Pape et avec son Eglise romaine, “eux qui rencontrent les ténèbres en plein jour” (Job 5:14).  En poursuivant ce qu’ils appellent “un échange de propos et un dialogue aimant” avec l’Eglise romaine, ils vont à la catastrophe.  Tous ceux que le Saint-Esprit a éclairés doivent apporter le fidèle témoignage de la Parole aux leaders qui ont été séduits par cette communion néfaste, “qu’ils écoutent, ou qu’ils n’écoutent pas” (Ezéchiel 3:11).  Et chacun de nous doit prendre garde à lui-même, veiller sur lui-même et sur son enseignement avec persévérance, car en agissant ainsi il se sauvera lui-même et il sauvera ceux qui l’écoutent” (voit 1 Timothée 4:16).

Aujourd’hui il existe un courant “évangélique” apostat, qui souvent n’est autre que le message humaniste d’un faux dieu qui sert à satisfaire les besoins de l’humanité et à lui procurer du bien-être.  Pour sa plus grande honte, ce courant répand des erreurs manifestes quant à la nature du péché, et il proclame un faux évangile des œuvres, du type: “donnez votre cœur à Jésus”.  Il faut cependant ajouter que s’il est juste de nous affliger devant les ténèbres et la stupidité qui règnent face à la menace romaine, comme de déplorer l’état lamentable des milieux évangéliques actuels, un chrétien authentique ne doit jamais s’abandonner à la colère ou à la dépression.  Tout pouvoir au ciel et sur la terre appartient au Seigneur Jésus-Christ!  Il règne sur l’histoire des hommes et il régit les nations.  L’Ecriture dit de Lui qu’Il “opère tout selon la décision de sa volonté” (Ephésiens 1:11).  Même les meutes infernales qui Lui vouent une haine diabolique sont Ses instruments pour que toutes choses concourent, en fin de compte, à glorifier Dieu et à établir Son Royaume de justice.  De tout cœur nous pouvons rendre grâces de ce que le Père, dans Sa suprême sagesse, a décrété qu’il y aurait une limite à la carrière des rebelles.  Les élus de Dieu ne seront pas dupés par la puissante séduction qui est tombée sur le monde pour le punir de son rejet incessant de Jésus-Christ (22).  Aussi nous faut-il proclamer sans crainte “qu’aucun mensonge ne vient de la vérité“. Il nous faut marcher sur les traces de l’Apôtre Paul sans nous laisser impressionner par l’opposition.  Nous devons annoncer le pur Evangile et rendre témoignage parmi toutes les nations, pour que soient rassemblées les brebis de Christ, les véritables citoyens du Royaume.


Notes:

  1. Edward King écrivit en 1800 que cette défaite constituait la blessure mortelle qui avait frappé le pouvoir pontifical. “On était en 1798.  Exactement 1260 ans plus tôt, tout au début de l’année 538, Bélisaire avait mis fin à l’empire et à la domination des Goths sur la ville de Rome… Entré triomphalement dans la ville le 10 décembre précédent, au nom de l’Empereur d’Orient Justinien, il avait obtenu la soumission de Rome.  Donc à partir de l’an 538, le seul pouvoir romain capable de dominer sur terre était le pouvoir ecclésiastique pontifical.”  Remarks on the Signs of the Times (Editions Philadelphia, 1800), pp. 18-19, dans Froom, Vol. II, p. 767.
  2. Pour consulter des sources catholiques, voir les historiens catholiques suivants: August Hasler, How the Pope Became Infallible: Pius IX and the Politics of Persuasion, ou l’original en allemand publié sous le titre Wie der Papst Unfehlbar Wurde, 1979. Traduction anglaise de Peter Heinegg (Garden City, New York: Editions Doubleday, 1981).  Voir aussi Ignatius von Döllinger, The Pope and the Council (Londres, Rivingtons, 1869).  Von Döllinger fait un exposé captivant des arguments contre l’infaillibilité que certains opposèrent alors au Pape, et il décrit également en détail la montée en puissance de la papauté.
  3. L’auteur catholique John Cornwell déclare: “Lors du tournant du siècle [1900] Pacelli [le futur Pape Pie XII] … collabora en reformulant les lois de l’Eglise de manière à accorder aux futurs papes une domination incontestable depuis leur siège romain. Ces lois, dissociées de leur ancien contexte historique et social, furent regroupées dans un recueil appelé Code de Droit Canonique, qui entra en vigueur lors de sa publication en 1917. Ce Code, distribué au clergé catholique dans le monde entier, fut un instrument permettant d’établir, d’imposer et de maintenir un nouveau rapport de forces ‘du sommet jusqu’à la base’. En tant que nonce papal à Munich et à Berlin dans les années 1920, Pacelli s’employa à imposer ce nouveau Code en Allemagne, région après région…”  Hitler’s Pope: The Secret History of Pius XII (New York, 10014: Viking, 1999) pp. 6-7.
  4. Cornwell, p. 42.
  5. Ibid., Cornwell affirme également: “En 1933, Pacelli trouva en la personne d’Hitler un partenaire favorable à son Concordat avec le Reich. Ce traité permit à la papauté d’imposer la nouvelle loi de l’Eglise aux Catholiques allemands et octroya de généreux privilèges aux établissements scolaires catholiques ainsi qu’au clergé. En échange, l’Eglise catholique allemande, avec son parti politique représenté au Parlement, et ses centaines d’associations et de journaux renonça, sur l’initiative de Pacelli, à toute action sociale ou politique. En 1933, cette abdication politique des catholiques, négociée et imposée depuis le Vatican par Pacelli avec l’accord de Pie XI, assura au nazisme un développement à l’abri de toute opposition pouvant émaner de la communauté catholique la plus puissante du monde…” p. 7.
  6. Walter Walsh, The Secret History of the Oxford Movement, 4e édition (Londres, Swan Sonnenschein & Cie, 1989) pp. 263,269-273.
  7. Lacunza écrivait sous le pseudonyme de Juan Josafat Ben-Ezra afin de se faire passer pour un Juif converti.
  8. Historical Essays and Studies, p. 503.
  9. de Rosa, p. 176.
  10. Ecclesiastical Megalomania: The Economic and Political Thought of the Roman Catholic Church. John W. Robbins, The Trinity Foundation, Tennessee, USA.
  11. Flannery, Vatican Council II Document N° 56, Nostra Aetate, 28 Octobre 1965, Vol. I, p. 739. Etant donné que le Pape cautionne l’hindouisme, le bouddhisme, et l’Islam, l’influence des ces religions païennes gagne du terrain dans le monde occidental sous couvert de la respectabilité du catholicisme.  Dans le mouvement dit du Nouvel Age, ces anciennes religions païennes ont droit de cité non seulement en-dehors de l’Eglise catholique, mais au sein même de cette Eglise.
  12. Post Vatican Council II Document N° 42, “Reflections and Suggestions Concerning Ecumenical Dialogue”, S.P.U.C., 15 août 1975, Vol. I, p. 549.
  13. Post Vatican Council II Document N° 42, “Reflections and Suggestions Concerning Ecumenical Dialogue”, S.P.U.C., 15 août 1975, Section II, Nature and Aim of Ecumenical Dialogue, p. 541.
  14. Code de Droit Canonique,, Canons 1311 et 1312.
  15. http://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_cons_19651207_gaudium-et-spes_fr.html Constitution Pastorale Gaudium et Spes, § 69. Caractères gras ajoutés.
  16. Somme Théologique, 11-11 Article 7.
  17. catholic-ew.org.uk/resource/eew/chapter4doc Deuxième paragraphe (accédé le 7/02/2007)
  18. osjspm.org/rights_and_duties.aspx (accédé le 7/02/2007)
  19. Catéchisme de l’Eglise Catholique, Centurion/Cerf/Fleurus-Mame/Librairie Editrice Vaticane, Paris, 1998, paragraphe 1032
  20. Avro Manhattan est l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages sur le rôle politique du Vatican. Voir par exemple The Vatican in World Politics, (1949):http://www.questia.com/PM.qst?a=o&docId=85825556
  21. Voir Daniel 12:10
  22. Voir 2 Thessaloniciens 2:8-11.

Richard Bennett, Association “Berean Beacon”, http://bereanbeacon.ovh

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